La Dépêche du Bassin
Lège-Cap-Ferret
Lège-Cap-Ferret : à La Vigne, un port à part…
Par Xavier Davias et Journalistes
Publié le 25/06/2026 à 10 h 01 · Lecture 3 min

Le port de La Vigne occupe une place à part dans le paysage nautique du bassin d’Arcachon. Créé dans les années 1960, ce port de plaisance de 300 emplacements fonctionne selon un modèle de gestion privée. Entre modernisation des services, investissements lourds et ambitions environnementales, ses responsables entendent préserver son identité tout en préparant les prochaines décennies.
À première vue, le port de La Vigne ressemble à tous les autres ports : une darse de 15 000 m², des pontons animés à la belle saison, des plaisanciers qui profitent d’un accès privilégié à la mer, quelques pêcheurs professionnels et les allées et venues des professionnels du nautisme installés autour. Pourtant, derrière cette image familière se cache une organisation singulière.
Situé au Cap-Ferret, le port compte environ 300 emplacements, dont 75 sont à la location. Avec le port d’Arcachon, il est l’un des seuls du Bassin à être toujours en eau. Et il est à proprement parler le seul port de la Presqu’île. Une partie importante des bateaux qui y stationnent est utilisée régulièrement par leurs propriétaires. Le site accueille également des pêcheurs professionnels et plusieurs services liés à la sécurité maritime (SDIS 33, SNSM, gendarmerie et services de police). Ici, pas de yachts ou de voiliers somptueux. Seulement des unités « modestes » de 8,5 m maximum. « Contrairement aux idées reçues, il y a ici une mixité de population », explique Benoît Justes, administrateur de la Société nautique de La Vigne (SNV).

Infos pratiques et courtoisies
Mais sa principale singularité réside dans son mode de fonctionnement. « Nous sommes un port sous gestion privée », rappelle l’administrateur. Une situation singulière sur le bassin d’Arcachon, où tous les autres ports relèvent directement des collectivités publiques.
« Ce n’est pas une place que les gens achètent, ce sont des actions qui correspondent à un droit d’amarrage. »
Son histoire explique en partie cette particularité. Contrairement à d’autres infrastructures portuaires gagnées sur le domaine maritime, La Vigne a été aménagé sur un terrain appartenant à ses fondateurs. Le projet a ensuite été encadré par une concession administrative. Le port ouvre ses portes en 1965. La concession actuellement en vigueur date du 1er janvier 1987 et doit arriver à échéance en 2037. Au fil des décennies, le port a poursuivi son développement grâce à son modèle économique. Les usagers sont actionnaires de la structure qui gère le site. Ce système permet de financer les investissements nécessaires à l’entretien des équipements. « Ce n’est pas une place que les gens achètent, ce sont des actions qui correspondent à un droit d’amarrage », explique Benoît Justes. Cette logique de réinvestissement permanent est indispensable. Les responsables évoquent notamment les importants travaux réalisés entre 2019 et 2021, pour un montant d’environ six millions d’euros. Un effort considérable à l’échelle d’un port de cette taille et sous ce mode de gestion.
Au quotidien, les enjeux sont nombreux. L’entretien des pontons, des quais, des réseaux et des équipements représente un chantier permanent. Le port a également développé plusieurs aménagements destinés à améliorer l’accessibilité de ses installations, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Pour Fabien Gadreau, maître de port principal, l’un des défis consiste aussi à « renforcer les services proposés aux usagers ». Une importante modernisation numérique est actuellement engagée. Un nouveau site internet et des applications dédiées permettent désormais aux plaisanciers de consulter en temps réel les informations relatives au port, et plus généralement à la navigation et la vie maritime sur le Bassin. Ce qui n’empêche pas ces derniers de passer une tête par le bureau de Fabien durant notre présence afin d’échanger infos pratiques et courtoisies. Trois salariés s’activent aux côtés du maître de port pour faire vivre le lieu.
Projets d’avenir
L’objectif dépasse toutefois la simple gestion administrative. « Il s’agit d’améliorer à fond la communication », résume Benoît Justes. Les responsables souhaitent développer une véritable « vie portuaire » numérique, avec des informations pratiques, réglementaires et environnementales. Cette volonté de créer du lien s’accompagne d’un travail de valorisation du patrimoine. Depuis peu, plusieurs panneaux installés autour de la darse retracent son histoire.
La SNV a l’ambition d’obtenir la certification « port propre ».
Cette démarche a d’ailleurs permis de tordre le cou à certaines idées reçues. Beaucoup imaginent que le nom de La Vigne proviendrait d’anciennes plantations viticoles. Les recherches historiques menées ces dernières années suggèrent plutôt qu’il pourrait être lié au nom d’un ancien habitant du secteur. Au-delà de son histoire, le port regarde surtout vers l’avenir.

« Quand on est petit, les investissements sont plus lourds », Benoît Justes, administrateur de la SNV.
Parmi les projets à court terme figure l’installation d’une nouvelle grue, ainsi que la poursuite de la modernisation des outils numériques. L’environnement constitue également un axe majeur de développement. Depuis plusieurs années, la SNV travaille avec un cabinet spécialisé afin de suivre la qualité de l’eau, les opérations de dragage et l’impact des activités portuaires. « Je voulais que l’on soit mieux accompagnés sur le volet environnemental », explique Benoît Justes, qui défend l’idée d’un contrôle régulier assuré par des experts extérieurs.

Cette démarche doit permettre au port de franchir une nouvelle étape. Après le renouvellement de son label Pavillon Bleu, l’équipe entend désormais se porter candidate à la certification « Port propre ». Un objectif ambitieux pour une structure de taille modeste. « Quand on est petit, les investissements sont plus lourds », souligne l’administrateur. Mais pour les responsables, cet engagement répond à une conviction : préparer dès aujourd’hui « l’écologie d’avenir » du port. Le port de La Vigne poursuit ainsi sa transformation sans renier toutefois son identité.